Tourisme > Histoire et patrimoine

Histoire et patrimoine

L'ART ROMAN

Comme tout l'occident après l'An Mil, le territoire fut marqué par ce qu'on appelle un « Printemps de l'Europe ». C'est au XIème et XIIème siècle que se développa l'architecture romane. Même après, l'art gothique pourtant florissant, ne put vraiment l'occulter.

D'ailleurs, il existe dans la région, des édifices (églises, bastides, châteaux féodaux,…) mélangeant les 2 styles avec succès. Ces 2 arts illustrent, décorent, suggèrent et diffusent le sens moral et dogmatique des textes sacrés.

L'Art roman représente le 1er art de l'Europe occidentale, celui d'un monde nouveau guéri des souffrances des invasions barbares, d'un monde de bâtisseurs défiant le temps et la pierre.

   

L'église romane

Ce qui nous frappe aujourd'hui, pas seulement sur le Lévezou mais dans toute l'Europe romane, c'est la simplicité, l'austérité presque des églises, l'accueil fait à la lumière qui se joue de l'ombre (protectrice et présente), et la vision apaisante des scènes bibliques sculptées.

Cet enseignement biblique est illustré par divers moyens architecturaux :

-          les chapiteaux (décor végétal, personnages bibliques, critiques des malheurs du temps, us et coutumes locales),

-          les portails à tympan aux thèmes intégrant une abondante statuaire (le Jugement dernier, l'Apocalypse, l'Ascension du Christ),

-           les peintures murales, plus colorées, qui sont délaissées à l'époque gothique au profit du vitrail.

L'Eglise romane symbolise Dieu, elle est à échelle humaine d'où la sobriété et la simplicité de son architecture. Outre le 1er rôle de lieu de culte, l'Eglise servait à la fois de refuge, de coffre-fort, d'entrepôt ou encore de grenier. Le culte des reliques est aussi à mentionner car il était source de richesse. On venait parfois de loin pour vénérer les reliques du Saint gardées dans une châsse (exemple : Conques et les reliques de Sainte Foix).

  

Petit conseil : Camboulas, Chapelle de Salars, Eglise Notre Dame du Poujol à Camboulas (MH inscription Monuments Historiques), Eglise St Georges de Camboulas.

   

Les croix  

Situées à l'origine au bord des chemins ou à un croisement, elles se trouvent aujourd'hui rarement à leur place initiale. Ancêtres de nos bornes Michelin, elles peuvent indiquer un chemin abandonné en bordure de route … Aventurez-vous …

  

Petit Conseil : Croix de Méjane à Pont-de-Salars.

  

LA CHAPELLE DE SALARS  

La chapelle Notre Dame de Salars est située à 500 m environ à l'est de Pont-de-Salars sur une hauteur dominant le bourg. On ignore la date de construction de la chapelle. Une charte du cartulaire de Conques mentionne qu'elle fut donnée en 1078 à Ste-Foy de Conques. Elle devait succéder à un lieu de culte païen. « Solis ara » autel su soleil évoquant l'idolâtrie de certaines tribus gauloises.

En 1275, un hôpital se trouvait à côté de l'église. En plus de l'église et de l'hôpital, il y avait une métairie. Salars appartenait à l'hôpital de ND du Pas de Rodez. L'église ne servait alors qu'au personnel de l'hôpital et aux employés de la métairie. Elle fut agrandie lorsqu'elle devint paroissiale dans le courant du 13ème siècle. C'est au 15ème siècle que fut construit le porche de l'église avec des ornements extérieurs gothiques.

Au concordat de 1801, la paroisse de Salars fut maintenue en raison de l'importance que prenait Pont-de-Salars, chef-lieu de canton avec justice de paix, perception, etc…

    

   

Le docteur Jean Amans nous la présente comme suit :

« La population était devenue trop nombreuse pour cette église. Deux solutions se présentaient : ou agrandir l'église de Salars, ou en construire une autre à Pont-de-Salars, chacune eut ses partisans qui s'opposèrent violemment. Les habitants de Méjanès, Doumazergues, et Auziech (hameaux des environs) étaient pour la première, soutenus par le curé, l'abbé Chauchard. Le reste des habitants défendaient la deuxième solution et Pont-de-Salars l'emporta ».

La construction décidée, on ouvrit une souscription en 1846 (à laquelle les habitants furent généreux). Elle fut bénite le 5 janvier 1851, Salars n'était plus paroisse.

  

En 1851, les religieuses de Marcillac (répondant à l'appel du curé-doyen), avaient accepté de fonder une école à Salars. A l'époque, plusieurs bâtiments s'appuyaient autour de la chapelle (écurie, chambres…), avec une tour, ronde, massive, située au milieu de la façade afin de pouvoir accéder à toutes les pièces. Ces bâtiments sont aujourd'hui rasés, seule demeure la chapelle.

En 1869, la chapelle de Salars fut rachetée par le curé Dardé en même temps que le presbytère et le jardin attenant. A sa mort, le 18 avril 1885, la chapelle dans laquelle il avait été enterré revint à la paroisse.

1886 : des réparations importantes sont entreprises dans la chapelle.

1937 : de nouvelles réparations tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, dégagement du devant de la chapelle, cimentage du porche.

1968 : la pierre redevint apparente, les joints sont refaits, un nouvel autel est installé ainsi que du mobilier en fer forgé, des portes et des vitraux plus modernes.


Le cimetière :  

Le cimetière actuel date de 1922. Il remplaça un petit cimetière qui existait à proximité immédiate de la chapelle. L'ancien cimetière a disparu sous un nivellement général et a cédé sa place à un enclos nommé « Yvan Satarenczac » en mémoire de cet homme réfugié à Pont-de-Salars, qui vouait un culte particulier à la vierge. A sa mort, il légua ses économies pour l'entretien de la chapelle et de ses abords.


Une dalle de pierre est scellée debout contre le mûr extérieur de la chapelle, à côté de l'ancienne sacristie (aujourd'hui caveau). Elle porte les inscriptions suivantes : « Ici repose Jh ESCUDIER - chevalier de la légion d'honneur… »

Né au Puech Ventoux, le 29 janvier 1778, François Joseph ESCUDIER s'engagea à l'âge de 13 ans au 2ème Bataillon des Pyrénées à Perpignan. Nommé caporal à 17 ans, il passa au 5ème Régiment d'Infanterie Légère avec lequel il fit la campagne d'Italie sous les ordres de Bonaparte. Il prit part à la campagne de Russie en 1812 et fut nommé Capitaine de la Garde Impériale en 1813. Réformé en octobre 1814, il rentra au pays, se maria en 1815 avec Anne Fabre qui lui donna onze enfants. Il se fit paysan et travailla ses terres du Puech Ventoux. Décédé le 13 septembre 1850, à 72 ans, il fut enterré dans le petit cimetière de Salars.

Il avait été fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 1er mars 1806 et nommé Chevalier de l'Empire. Son nom a été donné à une petite place de Pont-de-Salars située devant la Poste : la Place du Capitaine Escudier.


La Vierge :

Une vierge est présente dans la chapelle de Salars. Le fauteuil, le repos des pieds, la Vierge, tout est d'un seul bloc de bois.

La statue ne résidait pas à Salars. Elle se trouvait dans une petite chapelle gothique, dite, « chapelle du Rials », située sur la rive gauche du Viaur près du torrent du Rials, et dédiée à la Vierge sous le vocable de ND de Pitié. Cette chapelle dépendait de la paroisse de Salars. Par manque d'entretien, elle a complètement disparu depuis.

Les habitants de Pont-de-Salars avaient une grande confiance en ND de pitié. Lors de la démolition de la chapelle du Rials, la statue de ND de pitié, fut réparée et redorée avec les aumônes des paroissiens de Pont-de-Salars. Elle prit le nom de ND de Salars et c'est vers elle que désormais se tourneraient les regards et s'élèveraient les prières.

Deux sarcophages se trouvent à proximité de la chapelle, l'un est appuyé contre le mur de la chapelle, le second est sous abri en pierre bâti à proximité de l'entrée.


St Georges de Camboulas 

St Georges, paroisse située sur la rive droite du Viaur (Salars étant celle de la rive gauche), présente aujourd'hui 3 bâtiments principaux : l'église, l'ancien presbytère et une résidence secondaire. En 1771, elle comprenait vingt cinq hameaux, soit 300 habitants dont 90 vivaient de mendicité. Il y avait soixante tisserands, cent cardeurs de mauvaise laine, autant de fileuses, trois petits tailleurs et deux misérables forgerons.

   

L'église 

L'église fortifiée de St Georges  date du XI - XIIème siècle. Elle fut bâtie par les moines de Saint Victor de Marseille en 1060 et  rehaussée d'un grenier servant à la fois de réserve et de refuge. Cet ancien lieu de culte païen fut repris par la religion chrétienne. Nous citerons deux légendes qui nous sont parvenues :

Sur un rocher, au bas de l'église, se trouve 3 marques des sabots du cheval de St Georges. Ce dernier, poursuivi par un dragon et voulant secourir une bergère, s'élança à travers les gorges du Viaur, laissant 3 traces de sabot de son cheval sur le rocher. Le 4ème aurait malencontreusement atterri sur la bergère qui y laissa la vie.

Une autre légende erre sur le site et son clocher : pendant la révolution française, afin d'éviter la réquisition des cloches de l'église, le village simula un incendie dans l'église et les cloches furent démontées. Malheureusement, l'homme chargé de les cacher, mourut en emportant le secret et les cloches ne furent jamais retrouvées. On dit que la nuit on peut les entendre, et qu'à Noël, si l'on puisse de l'eau pendant qu'elles tintent, l'eau devient miraculeuse.

   


Accolé à l'église se trouve le cimetière. Derrière, vous pouvez apercevoir un sarcophage, autrefois recouvert et datant du VIIIème siècle.

Le porche de l'Eglise est orné d'un tympan représentant le Christ en majesté. Il provient de la première cathédrale de Rodez qui s'est écroulée dans la nuit du 16 au 17 février 1276. L'ouvrier responsable de la reconstruction était moine de St Georges. Ce tympan aurait inspiré celui de Conques.

L'Oratoire 

A l'entrée du site, se trouve un oratoire. Ce terme désigne un petit monument voué au culte d'un saint ou d'une sainte représenté par une statuette, une plaque à son image ou une croix. Ces édifices furent façonnés différemment selon la région d'implantation : dans un monolithe, avec des briques, ou des pierres locales. L'origine de leurs sites d'implantation était généralement païenne. Il permettait aux paysans isolés de venir se recueillir, de prier, sans pour autant se rendre à l'église. Plus qu'un lieu de culte, l'oratoire constitue davantage un remerciement, une offrande et  l'espoir de la protection du saint.

Celui de St Georges fut construit au 16ème siècle, ses piliers sont ornés des armoiries de Raymond Fredaud (chanoine ouvrier de la cathédrale de Rodez) et d'écussons représentant des étriers et des mors (frein) du cheval de St Georges. Cet emblème est d'ailleurs au centre du blason de la ville de Pont-de-Salars.


Le Pont 

Le pont piétonnier de Saint Georges a été construit en 1872 avec la pierre extraite sur place. Le sentier dallé qui grimpe jusqu'à l'église ne servait qu'aux paroissiens qui se rendaient aux offices et enterrements.



 
Service proposé par Smica - Powered by MagicSite